le 23 novembre 2011

Antennes-relais : quels sont les vrais dangers ?

Une étude récemment menée en Provence pointe du doigt les dangers que représentent les antennes-relais pour la santé des habitants de deux cités HLM. Les pouvoirs publics, eux, ouvrent le parapluie et se cachent derrière la réglementation de 2002…

A la cité des Pinettes, près d’Aix en Provence donc, 12 antennes relais ont pris place sur les toits.

Par manque d’études scientifiques sur le sujet, l’association Santé environnement France (Asef, un collectif local de 2500 médecins) s’est donc penchée sur le dossier pour savoir quel impact avaient ces fameuses antennes sur la santé des riverains.

Armés d’un questionnaire, les médecins sont allés frapper aux portes de la cité.

Dr Halimi, secrétaire général de l’association :

« Nous avons joué notre rôle de médecins : nous leurs avons demandé comment ils vont ».

Dans l’ensemble, l’Asef a constaté que les locataires étaient bien plus atteints d’un certain nombre de maux (oreilles, sommeil, comportement…) que la moyenne française.

De quoi assurément relancer le débat national… «Surtout que plus de 80 % de ceux qui présentent ces symptômes constatent leur disparition après quelques jours de vacances loin de chez eux ! » précise le Dr Halimi.

Mme Ouggad habite la cité depuis 45 ans :

« Au début, on a mal à la tête, on va chez le médecin, on attribue ça au stress, à la fatigue… C’est à force, que nous avons commencé à nous poser des questions. Certains locataires ont fini par déménager et ils vont beaucoup mieux depuis » assure-t-elle.

Di côté du bailleur (13 Habitat), voilà ce qu’on dit :

« Nous vérifions que les normes officielles soient respectées. Si les concentrations s’avéraient trop importantes, ce serait à la ville de réagir ».

Le souci, c’est que quand la municipalité réagit elle est ensuite désavouée par le Conseil d’Etat au nom de l’existence de deux agences rattachées au ministère des postes et des télécommunications (l’Arcep, Agence de régulation des communications électroniques et des postes et l’ANFR, Agence nationale de fréquences). C’est notamment ce qui s’est passé à St Denis, Bordeaux et Pennes-Mirabeau le mois dernier.

Là encore, l’ANFR, via M.Huclin, un agent, est très clair :

« On est en charge d’appliquer le décret, le reste, ce n’est pas notre problème ».

La réglementation sur les seuils d’exposition a près de dix ans et fixe la limite maximale entre 41 et 61 volts par mètre.

Mais pour la plupart des associations, il ne faudrait pas dépasser 0,6V/m comme chez la plupart de nos voisins. L’Autriche a même baissé la sienne a 0,06V/m et « les gens continuent a téléphoner » raille le Dr Halimi.

Heureusement les champs électriques outrepassent peu souvent une dizaine de V/m, aux Pinettes il est de 5,0467V/M, un peu en dessous du niveau autorisé dans notre pays.

Dr Halimi toujours : « Les plus petits voltages obligeraient les opérateurs à poser plus d’antennes, et donc à payer plus de loyers aux propriétaires qui les accueillent ».

Avant de s’en prendre aux opérateurs, l’Asef souhaite multiplier les petites études de terrain afin de pouvoir réellement prouver les dangers de ces antennes.