le 21 novembre 2011

Un patient sur deux renoncerait à se soigner à cause du prix

D’après les témoignages des professionnels de santé exerçant en libéral, la moitié de leurs patients, 53% exactement, reportent certains soins pour des motifs d’ordre économique et un quart discute le prix. Ces constats ressortent d’une étude commandée par la société financière CMV Médiforce, du groupe BNP Paribas. Les tarifs des médecins apporteraient-ils d’eux-mêmes la guérison ?

Entre les médecins généralistes et les spécialistes, les infirmiers, les kinésithérapeutes les chirurgiens-dentistes et les vétérinaires…, ce sont 450 professionnels de santé libéraux qui ont participé à cette enquête. D’après leurs déclarations, il semblerait que des malades se sentent d’un coup moins malade à l’annonce du prix.

Pour 75% des pharmaciens, 75% des vétérinaires, 63% des chirurgiens-dentistes les soins ou les achats de produits de santé sont souvent reportés par leur patient pour des raisons économiques.

L’étude relève un fait nouveau, les patients vérifient les coûts des soins et 24%, soit près d’un quart d’entre eux, « se placent même en situation de négociateurs ». Les prix des soins sont le plus souvent discutés chez les kinés (30% des patients), chez les médecins spécialistes (28%) et chez les dentistes (27%). La population aurait-elle changé, adoptant des comportements de marchand de tapis ?
A peine un quart des médecins libéraux (23%) déclarent que « les patients acceptent comme avant les traitements et les soins proposés ».

Lorsqu’il leur est demandé de noter la situation de leur profession, les libéraux de santé n’apportent qu’une note de 5,8 sur 10. Quant à l’avenir de la profession, ils ne donnent pas plus que 5,1/10.

Ces résultats sont tout de même curieux lorsqu’il est prétendu que près de 95% de la population dispose d’une complémentaire santé et profite d’un remboursement quasi intégral des dépenses de soin. Il faut également s’interroger sur la nature des soins qui sont reportés : acte de chirurgie esthétique ou traitement d’un diabète ? Engagement du pronostic vital ou pas ?

L’intérêt porté aux données récoltées par cette étude justifie qu’elle s’inscrive dans la durée. A été décidé la fondation d’un Observatoire des professions libérales de santé au sein duquel l’enquête sera annuelle.